Les galgos qui sont remontés d’Espagne présentent quasi tous, à différents niveaux, un comportement indu par un mauvais traitement ou
tout du moins par un traitement non conforme à ce que nous - humains bien dans notre tête - considérons comme une éducation correcte.
Le chien peut avoir souffert de coups, de privation de nourriture, d’humiliation en tout genre! De plus, si c’est une femelle, on
l’aura présentée au mâle à chacune de ses chaleurs et on lui aura retiré ses chiots à chaque mise bas.
Tous ces traumatismes sont-ils récupérables avec une bonne dose d’amour?
Au risque de choquer certains d’entre vous, je répondrai que non ! Pourquoi ? Parce que même si on a coutume de dire :
« L’amour soulève des montagnes », il existe des circonstances où des paramètres moins « à l’eau de rose » et plus
pragmatiques comme le savoir-faire, les conditions cadre et la disponibilité du deux pattes sont
primordiaux et prennent le dessus.
Les chiens sont comme nous, ils « digèrent » leur traumatisme selon leur caractère, leur personnalité. Chez certains sujets,
les traumatismes seront comme assimilés et ils parviendront à se reconstruire, chez d’autres, par contre, ils resteront indélébiles (j’ai toujours peur de me tromper dans la séquence des voyelles
avec ce mot !!) et il stagnera.
Un chien introverti ne trouvera jamais sa place dans un groupe trop important, qui par effet de meute l’exclura, quoi qu’il
fasse. Les coups de dents ne manqueront pas. Alors que placé dans une famille, où il n’y a qu’un
congénère, dans une famille qui s’y connaît, qui a pleinement cerné ses besoins, le tout agrémenté d’amour et de compréhension, bien sûr, il aura tout loisir d’évoluer à son rythme. J’en veux
pour preuve notre brave Boris, qui après avoir fait la joie de sa famille d’accueil, fait celle de sa nouvelle famille.
Photo de Boris
Boris dans sa première famille d’accueil. Les trous et les abcès font-ils aussi
partie du programme de « resocialisation » ?
En revanche, s’il s’agit d’un chien, qui dans un premier temps a besoin d’avoir ses marques, un foyer ayant un congénère, même mâle,
conviendra à merveille surtout si le chien de la famille est posé, un poil plus âgé, donc pas du tout intéressé à « rouler des mécaniques ». C’est le cas de Cubano et de son nouveau
pote.
Et pour terminer, vous avez le « cas » Blas, celui dont il faut se méfier, qui ne s’entend pas avec les mâles, celui qui est
dominant, bref…LE méchant. Pourtant l’usage que je fais des guillemets n’est pas anodin. Et pour cause, le pauvre Blas, n’est pas totalement responsable de cet état de fait. Certes, c’est un
mâle, certes il n’aime pas les chats, mais ne pas « aimer » un potentiel rival et de ne pas trouver à son goût un animal d’une autre
espèce, est-ce vraiment un défaut lorsque l’on est un chien ? D’un autre côté sentir les crocs s’enfoncer dans son cou, alors qu’on ne peut se défendre, car on est affublé d’une muselière,
que l’on est condamné au silence par un collier électrique, pour ne pas déranger le voisinage, moi je dis : « Chapeau Blas, pour ne pas
avoir fait un carnage ». Castré, muselé, électrifié, tu n’étais vraisemblablement pas le plus dominant de la maisonnée. Un dominant laisse des traces, il ne les porte pas sur lui.
Manifestement l’alchimie n’avait pas fonctionné entre le galgo et la famille d’accueil, ni même entre le galgo et le mâle de la famille. Alors pourquoi dans ce cas avoir dissimulé la
vérité ? Pourquoi avoir minimisé les faits ? Pour ne pas perdre la face ? Pour ne pas démériter et ternir une image, une façade construite sur des mensonges ? Tout ce qui
brille n’est pas or !
Photo de Blas
Voici l’état dans lequel Galgos Espoir a récupéré Blas, après son stage de
« resocialisation » !
Pourtant Blas faisait partie de ces chiens, dont on se gargarise sur les forums, il faisait partie de ceux qu’il fallait
« sauver », qu’il fallait aider, qu’il fallait « aimer, aimer toujours plus… » ?!
« Resocialiser » c’est donner une chance, mais c’est aussi être assez honnête avec soi-même pour se rendre à l’évidence que
l’on n’est peut-être pas la personne qu’il faut au chien. Lorsque vous échouez sur toute la ligne, lorsque le fameux déclic ne se produit pas, lorsque l’animal ne nous fait pas confiance et ne
nous fera jamais confiance, il ne faut pas lui en vouloir, ni le cacher comme un pestiféré et encore moins l’envoyer valdinguer d’un coup de pied dans sa litière fraîche, même si vous devez
supporter le poids de l’échec sur vos épaules à chaque fois que son regard croisera le vôtre.
« Resocialiser » et y parvenir c’est se dépasser soi-même. C’est s’oublier pour mieux aller vers l’autre, le secourir dans
sa détresse, qu’il soit galgo, berger allemand ou que sais-je.
C’est pour toutes ces raisons que : Ne resocialise pas qui
veut !
JE LANCE UN APPEL POUR BLAS
À présent, il se reconstruit, dans un lieu sécurisé. Malheureusement pour
lui, ceux qui s’inquiètent de son sort ont déjà ouvert leur maison à des chats ou adopté des congénères mâles. Mais son heure viendra. Ne désespère pas mon petit Blas, ta famille existe quelque
part. Et lorsque vous vous reconnaîtrez, vous construirez, ensemble, votre histoire d’amour pour toujours.
Blas, en dépit de tout ce qu’il a dû endurer est adorable avec les humains, toujours à guetter une caresse. Pour l’heure Blas cherche
toujours SA famille. Pensez à lui, ouvrez-lui votre cœur, votre maison, car il a été doublement maltraité, dans son pays d’origine, mais également sur notre sol et ça c’est abject, tout comme il
est abject de faire usage de collier électrique sur un chien, pire sur un galgo martyr. Lâche !
REMERCIEMENTS
Du fond du cœur, je tiens à remercier toutes les personnes, les familles qui ont permis à Boris et à Cubano de croire en leur avenir.
Encore une fois la chaîne de solidarité a fonctionné. Galgos Espoir les a sauvés de leur enfer, mais grâce à vous, ils renaissent à la vie.
Un tout grand MERCI.
© Galgos Espoir